* Galerie Lavie *

GALERIE LAVIE
Paris - Venise - Rome - Patmos
www.GalerieLavie.com

*
* * *
*

en / fr

 

*
Accueil &
Nouveautés
*
÷ Fusains
*
÷ Monotypes
*
÷ Pastels
*
÷ Aquarelles
*
÷ Huiles
*
LAVIE
Marie José
*
· Expositions
*
· Contact
*
* *

Monotypes

Séries de monotypes (galeries) :

Quelques monotypes de l'exposition "Le Voyage d'Italie" de Marie José Lavie, avec le texte de présentation de Jean Clair.

Le voyage d'ItalieLe voyage d'Italie

Je dis Venise et aussitôt, dans la vacance du mot, éclatent des couleurs et des feux d’artifice, Turner, Renoir, Monet, Signac, une ville de papillotements et d’éclats, une ville carnavalesque et croustillante, dorée et cuite à point d’un midi sempiternel.

Il existe pourtant une Venise plus secrète, éloignée, silencieuse et crépusculaire, qui ne se laisse guère saisir. C’est celle de Music et de ses dessins à la plume, celle de Whistler et de ses gravures. C’est dans cette seconde lignée que s’inscrit la Venise de Marie-José Lavie.

Venise des ombres et des brouillards, Venise de pluie tenace et de passants furtifs, c’est la Venise des Papiers d’Aspern de Henry James. C’est la ville des industries et non des plaisirs, des Moulins Stucky et des grues de la Giudecca, des visages dérobés derrière les grillages de fenêtres dans les calli étroites, des campielli déserts, des petits ponts qui font le gros dos.

Cette Venise-là, c’est aussi celle du quai des Zattere, qui borde un canal large comme un bras de mer et amplement dessiné, alors que le Grand Canal est étroit et sinueux. Dans son axe vers l’ouest, se glissant sous le pont de métal de Porto Marghera dont il adopte peu à peu la courbure, le soleil s’enfonce chaque soir, plongeant sous les fumées noires des raffineries.

Ville noire, eaux noires, ciels noirs : par en bas cependant l’eau bouge sans arrêt, pour prolonger le moindre éclat, et vers le haut, le ciel s’éclaire.

Permanence et précarité. Le Pont de l’Accademia détruit pendant la guerre, a été reconstruit en bois, de ce provisoire qui dure en se dégradant sans fin. Marie José a préféré fixer l’image du Pont du Rédempteur qui, une fois par an, en souvenir de la guérison de la peste, le troisième dimanche de juillet et pour un jour seulement, alors qu’il est solide comme un ouvrage du Génie militaire, relie les deux rives.

Pour fixer cet univers urbain de transitivité, d’éphéméréité, de noirceur, il fallait un médium très particulier, qui lui aussi, comme le Pont de bois, n’est franchi qu’une fois et qui ne ressert plus. Un médium capable aussi de faire ressortir la gamme des noirs, et la labilité des frottis : le monotype, si rare et si précieux, était trouvé. Il est aux fumées, aux suies, aux charbons, aux voilettes obscures qui se posent sur la peau de la cité ce que le pastel - autre médium privilégié de Marie José, est aux couleurs, transitoire et pulvérulent, triomphant par sa légèreté et sa vulnérabilité mêmes.

Jean Clair

Cliquez sur une image pour l'agrandir.


N°1
Les Zattere
monotype, 41x21, 2005
Les Zattere
 
N°2
Canal de la Giudecca
monotype, 45x16, 2005
Canal de la Giudecca
 
N°3
Porto Marghera
monotype, 45x16, 2005
Porto Marghera
 
N°4
Du pont du Redentore
monotype, 45x16, 2005
Du pont du Redentore
 
N°5
La Salute
monotype, 45x16, 2005
La Salute
 
N°6
Giudecca
monotype, 41x21, 2005
Giudecca
 
N°7
Sant'Eufemia
monotype, 45x16, 2005
Sant'Eufemia
 
N°8
Vent sur Marghera
monotype, 45x16, 2005
Vent sur Marghera
 
N°9
San Giorgio Maggiore
monotype, 45x16, 2005
San Giorgio Maggiore
 
N°10
Grand angle
monotype, 45x16, 2005
Grand angle
 
N°11
Alba bleue
monotype, 45x16, 2005
Alba bleue
 
haut de page

 

*
*

Le monotype
[english]

Procédé d’estampe qui se situe entre la gravure et la peinture; c’est en fait un procédé d’impression de peinture.

On peint directement sur une plaque métallique, parfois de verre, à l’aide d’un pinceau et de peintures à l’huile ou d’encres grasses. On peut également faire des enlevages sur une application qui couvre  la surface totale de la plaque, à la manière noire.  Puis sans attendre que la peinture ou les encres ne sèchent, on imprime  comme avec une gravure encrée ordinaire, soit à la main en frottant le dos du papier soit à la presse; un aller et retour sur presse à taille douce donne un résultat plus nuancé.

On emploie généralement un papier type vélin, légèrement absorbant.

Ce procédé est un travail de peintre; il permet de peindre directement au pinceau, avec un grand nombre de couleurs.

Le mot monotype date de la fin du XIXe siècle, mais l’inventeur du procédé serait un Génois Benedetto Castiglione (1616-1670), graveur inventif et souple; on n’explique, en effet, pas autrement ses « gravures », desquelles ou peut déduire qu’il couvrait son cuivre d’encre noire et qu’il découvrait ensuite, au bâton, au pinceau ou au chiffon, les blancs d’un dessin négatif.

Le monotype eut une vogue assez grande à l’époque de l’impressionnisme; Pissaro, Forain, Whistler, Lautrec, Gauguin s’y essayèrent mais c’est Degas qui fut le maître du procédé, aussi bien en noir et blanc qu’en couleur.

Le monotype est assez recherché parce qu’il est rare.

(d'après André Béguin, Dictionnaire de l'estampe, Bruxelles, 1977)

haut

*
* * *
*

[ Accueil ] [ Fusains ] [ Monotypes ] [ Pastels ] [ Aquarelles ] [ Huiles ] [ M-J. Lavie ] [ Expositions ] [ Contact ]

©Copyright 2005-2010 Marie José Lavie - All Rights Reserved.

*